Quelques traits alpins

Quelques traits alpins

Prononciation des pluriels –S à la fin des mots:

La prononciation des pluriels est constante sauf dans les communes limitrophes avec la zone du niçois et provençal (elles ont leur parler perturbé par le niçois et le provençal)

Si le mot est déjà fini par un –S, redoublement quasi systématique pour marquer la différence du singulier, (cela n’existe pas en niçois ou provençal).

Ex.: « un país » (/un pahis/, un pays) > « de païses » (/de pahizes/, des pays)
« un òs » (/os/, un os) > « d’òsses » (/dwosses/) des os.

L final reste L (ou devient parfois R):

Ex.: « aquel » (/akel/, celui), « martèl » (marteau), « cotèl » (/coutel/, couteau), « el » (lui), « gal » (coq), « lo savel » (/lou savel/, le grès).

L- à l’intérieur des mots devient R:

Ex.: « l’arba » (/l’arba/, l’aube), « calcar » (/carcar/, fouler), « calfar » (/calfar/, chauffer), « qualqu’un » (/carcu/, quelqu’un, et aussi le sens de chose, en parlant d’une chose).

Nota : toutes les consonnes finales se prononcent (contrairement au niçois et surtout au provençal), et cela s’étend à quasiment toutes les situations, exemples :

  • M final se prononce à l’est et au centre (« fam » /fam/) et se nasalise à l’ouest (« fam » /fan/)
  • N final se prononce, ex.: « la maijon » (/lo maydjoun/, la maison), « lo molin » (/lou mouline/, le moulin’), « lo matin » (/lou matin’, le matin), « lo vesin » (/lou vezin’, le voisin).
  • IER final se prononcer tel que « castanhier » (/castagnier’/). Le R s’efface au pluriel devant le -S: « oliviers » (/ouliviés’/ ou /oulivios/, oliviers).
  • -RN, -RM finaux se maintiennent partout: « jorn » (/djourn/, jour), « forn » (/fourn/, four), « verm » (/verm/, ver).
  • -SC, -SCS: « bòsc » (/bwosc/, un bois), et au pluriel « bòscs » (/bwosks/, des bois)
  • SS- devient très souvent sh, ex. : « laisha » (laysha) laisse, « faishina » (fayshina) fagot, « meishonar » (meyshounar) moissonner.

Conjugaisons

  • Terminaison de la première personne du présent de l’indicatif en –i
  • Le -R de l’infinitif se prononce quasiment partout -trait unique de l’alpin par rapport à tous les autres dialectes d’Oc- sauf dans l’alpin maritime du sud ouest au contact du provençal.
  • Emploi fréquent du verbe « estaire » à la place de « èstre ».

 

Laurent REVEST